Quatre scénarios économiques pour la France de demain
La crise économique accentue les inquiétudes sur les Territoires français. Elle impacte les mobilités et les emplois, crée de nouvelles contraintes et entraîne du chômage. Pour les organisateurs du colloque national Gestion Territoriale des Emplois et des Compétences, il convient d’anticiper et d’accompagner les mutations économiques à l’échelon local. De nombreuses expériences françaises ont été présentées à Nîmes. Des propositions se sont faites jour en matière de gouvernance territoriale, « d’alter localisme », de contrat salarial et de formation. Des relocalisations pourraient être envisagées, comme c’est déjà le cas dans le Nord Isère où l’entreprise Hermès crée une mini révolution. Gilles Leblanc , professeur d’économie, a présenté une brillante étude réalisée dans le cadre de la DATAR sur une projection de la structuration des territoires industriels dans 30 ans. Quatre scénarios sont ressortis des travaux. Celui de la construction d’une industrie « verte » très dépendante d’investissements nationaux, celui de » l’effervescence » qui se caractérise par des logiques de projets et une nouvelle structuration des conditions salariales, celui du développement d’une France de « citadelles » où quelques très grosses entreprises structurent la totalité des emplois et gouvernent les territoires, celui d’une « alter industrialisation » qui tendrait à incurver le modèle économique actuel vers des logiques de besoins locaux structurés sous formes coopératives. Chaque modèle crée des enjeux, des images et des résultats différents. Si le second scénario bouscule la notion de « marché du travail », le troisième fait entrer les territoires dans des logiques de concurrence et de compétition tandis que le dernier crée inévitablement des tensions de pouvoir au niveau local. Mais que voulons nous vraiment pour demain ? (Jean-Marie Quiesse – 05 -12- 2011)
Gilles Leblanc est professeur d’économie à l’école nationale supérieure des mines de Paris et chercheur au Cerna. Ses travaux développent 4 scénarios :
Reconstruction idustrielle verte : différenciation locale, territoire d’expérimentation, croissance verte, variété technologique, fragmentations spatiales
Effervescence : logique de projet, multi-employabilité, innovation, formes d’organisation productive, relations de travail, réseaux, capital humain, entrepreneuriat
Citadelles : concentration, restructuration, spécialisation, polarisation, grands groupes globaux, réseaux mondiaux, concurrence territoriale, attractivité
Alter industrialisation : société durable, décroissance, communauté, défiance, partage, protection, réduction des flux, production locale, innovation sociétale
L’orientation des élèves à l’aune de l’approche communicationnelle
Le choix des séries des élèves de classe de seconde
Dans cet ouvrage, Jean Moutouh propose de comprendre par l’approche communicationnelle le choix d’orientation des élèves de seconde d’un établissement. Cette recherche est à visée exploratoire, elle part du postulat que le sens donné par l’élève de seconde à son choix d’orientation se construit en situation, ici et maintenant. L’auteur défend une position épistémologique de « convention constructiviste » .Il souhaite répondre à la problématique suivante : quelles sont les interactions entre l’élève de seconde et le contexte dans lequel il évolue lors de son choix d’orientation ? Le choix de la technique d’analyse systémique qualitative des relations humaines permet la mise en exergue des formes des échanges entre tous les acteurs (humains et idéels) en présence dans la situation observée. Cette analyse fait apparaître la dynamique du système et la règle du jeu qui s’instaure. Les formes des échanges prennent alors une signification lorsqu’elles sont replacées dans le système. Les conclusions issues de cette analyse offrent des angles d’interventions à différents niveaux.
Editions universitaires europeennes ( 13.10.2011 )
Jean Moutouh est professeur agrégé d’économie-gestion et Docteur en Sciences de l’information et de la communication
Les cahiers pédagogiques
En prêt pour les adhérents
- 494 L’erreur pour apprendre
- 493 Le lycée, entre collège et supérieur
- 492 Les arts, quelle histoire !
- 491 Evaluer à l’heure des compétences
- 490 Le temps d’apprendre
- 489 Faire du français sans exclure
- 488 Violences, l’école en causes ?
- 487 Filles et garçons à l’école
- 485 La vie scolaire, l’affaire de tous ?
- 441 L’EPS, embarras et inventions
- 442 Education à l’Europe
- 443 la Culture scientifique
- 444 Décrocheurs, comment raccrocher
- 445 Où en sont les ZEP?
- 446 Le Numérique à l’école
- 447 Ecole, milieux, territoires
- 448 Le jeu en classe
- 449 Qu’est-ce qui va changer l’école ?
- 450 Images
- 451 La sanction
- 452 L’esprit d’équipe
- 453 Etudier la langue
- 455 La technologie
- 456 L’école maternelle aujourd’hui
- 457 La validation des acquis de l’expérience
- 458 Diriger un établissement scolaire
- 459 L’école à l’épreuve du handicap
- 460 Enseigner la géographie aujourd?hui
- 461 Les STG
- 462 La littérature de jeunesse
- 463 L’orientation
- 464 Les arts à l’école
- 465 Ecole et familles
- 466 Mathématiques : la question du sens
- 467 Egalité des chances ou école démocratique ?
- 468 As-tu fait tes devoirs ?
- 469 Faire des sciences physiques et chimiques
- 470 Les élèves et la documentation
- 471 Apprendre l’histoire
- 472 Les sciences économiques et sociales
- 473 Enfants d’ailleurs, élèves de France
- 474 Aider à mémoriser
- 475 L’entrée en sixième
- 476 Travailler par compétences
- 477 Questions sensibles et sujets tabous
- 478 L’éducation au développement durable
- 479 Les apprentissages fondamentaux à l’école primaire – L’école au Japon
- 480 Travailler avec les élèves en difficulté
- 481 La classe, pour apprendre à vivre ensemble
- 482 Le web 2.0 et l’école
- 483 Attention aux consignes
- 484 Au lycée profressionnel
- 485 La vie scolaire : l’affaire de tous ?
Enseignement : un système d’évaluation trompeur ? Nouveau rapport.
Le Haut Conseil de l’éducation (HCE) a rendu public le 14 septembre 2011 son « Bilan des résultats de l’école » pour 2011 consacré cette année aux indicateurs relatifs aux acquis des élèves.
Le Haut Conseil préconise l’abandon des méthodes actuelles et propose de confier l’élaboration et la mise en œuvre de nouvelles procédures à une agence indépendante du Ministère de l’éducation pour garantir le caractère incontestable des indicateurs obtenus, ainsi que leur compatibilité avec les évaluations internationales (émanant de l’OCDE ou de l’Union européenne). Cette analyse rejoint celle des principales organisations syndicales d’enseignant qui ont souvent fait état de leurs réserves vis-à-vis du système actuel d’évaluation et qui souhaitent sa suspension.
Les indicateurs ont été mis en place pour satisfaire aux dispositions de la Loi organique, prévues par la Constitution, dont l’objet est de préciser les conditions d’application de la Constitution. relative aux lois de finances (LOLF- Loi organique relative aux lois de finances).
Elèments extraits de la newsletter « Vie publique »
Autres rapports et évaluations sur l’orientation et le système éducatif
L’évaluation est un des moteurs clefs de l’activité humaine. Si je marche, je ressens l’effort fourni, je mesure l’espace parcouru, j’estime ma vitesse. C’est ainsi que je construit une démarche d’anticipation qui va me permettre de placer le but à atteindre et de mesurer les chances d’y parvenir dans les temps et dans la forme souhaitée. Sur la route de Compostelle les bornes m’indiquent le chemin parcouru et je suis fier de mon parcours. Une simple opération mentale me fait alors me projeter pour demain. Les systèmes plus larges que le corps humain nécessitent eux aussi une évaluation permanente. Ainsi en est-il de la navigation. Ainsi en va-t-il de l’économie. Les recherches et rapports permettent de mesurer le chemin parcouru et, au delà d’une simple comptabilité d’efficience, apportent des éléments de satisfaction humaine. Car le système éducatif et de formation est avant tout constitué de ressources humaines au service de l’orientation, c’est à dire du devenir de ses élèves et de ses étudiants. Voici donc l’accès à des ressources utiles. Continuer la lecture
Regards sur l’éducation 2011. Le rapport de l’OCDE alerte la France
l’OCDE fait vient de publier son rapport annuel sur l’éducation. La France, en général considérée comme une bonne élève, voit ses résultats en forte baisse. Si le diplôme y est toujours un rempart contre le chômage, encore faut-il l’obtenir ! Le rapport observe une baisse de la scolarisation des 15-19 ans, le développement d’un système inéquitable qui place la France dans les derniers de la classe, un investissement budgétaire bien en dessous de la moyenne et des salaires d’enseignants en baisse depuis 1995. Le pourcentage de jeunes sans emploi est un des plus forts d’Europe (il serait de 30%) et la possession d’un diplôme n’apporte qu’une faible plusvalue sur le marché du travail . Continuer la lecture
L’ORIENTATION en France : UN CHANTIER À L’ARRÊT
Dans le cadre de la loi des finances 2011, le Sénat a déposé un avis sur l’enseignement. Les propos autour de l’orientation méritent que l’on s’y arrête tant ils pointent que la dynamique qui avait conduit au vote de la loi de novembre 2009 est stoppée. Au fil du récit on relève que la rénovation de la voie professionnelle n’a pas pour l’instant infléchi significativement les phénomènes de reproduction des inégalités sociales. L’orientation à l’issue du collège connaît toujours de grandes disparités selon le milieu d’origine de l’enfant. La logique de tri social reste malheureusement prépondérante. En ce qui concerne le dispositif de préparation, on note que les conditions d’une authentique découverte des métiers et des formations pour tous les jeunes, sans préorientation et sans préjugé, ne sont pas réunies. Même si l’idée qui préside à la construction du PDMF est séduisante et ne mérite pas d’être purement et simplement abandonnée, son contenu laisse à désirer, notamment les stages d’observation en classe de 3e. L’hétérogénéité des différentes étapes, leur traitement très disparate selon les établissements, le manque d’évaluation réduisent l’impact du dispositif sur les décisions d’orientation
On regrette aussi le délai qui a couru entre la promulgation de la loi et la nomination du DIO, autant de temps perdu alors que l’orientation demeure un point noir du système éducatif. On s’inquiète également de la faiblesse des moyens humains et financiers qui lui sont alloués, cinq millions d’euros devant même être prélevés sur le fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) pour financer le service dématérialisé.
On déplore enfin, qu’en règle générale, l’orientation soit conçue d’abord comme un moyen d’accélérer l’insertion professionnelle des élèves les plus fragiles à la sortie du collège, alors même qu’elle doit être un instrument de construction d’un parcours individuel qui permette l’épanouissement personnel de l’élève. Si l’orientation doit tenir compte des réalités économiques et de la situation du marché de l’emploi, elle doit également être utilisée pour ouvrir l’horizon des jeunes au-delà du cercle familial, pour lutter contre le pessimisme social dans les milieux populaires et contre la reproduction des inégalités. Les attaques que subissent les conseillers d’orientation-psychologues témoignent d’une conception étroite et strictement utilitariste de l’orientation.
Dossier orientation, n°463 des Cahiers Pédagogiques
Jean-Marie Quiesse, Danielle Ferré (coordination)
En France, le mot « orientation » désigne à la fois le parcours professionnel d’une personne et la manière dont la société régule les flux d’entrée des jeunes générations dans les activités économiques. Ces deux sens du mot créent un malaise : pour les élèves, sommés tout au long de la scolarité de « faire des projets », puis de se contenter de « vœux » ; pour les familles, qui se sentent dépossédées de l’avenir de leurs enfants ; pour les professeurs, enjoints d’aider leurs élèves à construire un projet et puis de participer à une décision qui en est souvent très éloignée. Or aujourd’hui, la demande est forte de pouvoir « s’orienter par soi-même », faire ses propres choix de vie et les assumer.
Les adolescents, leur sentiment d’efficacité et leur orientation (A. Bandura)
Voici un ouvrage à destination des professeurs avertis, des professionnels de l’orientation et de ceux qui s’intéressent à la motivation. Albert Bandura a déjà publié une soixantaine d’ouvrages. Et maintenant, « Les adolescents: leur sentiment d’efficacité personnelle et leur choix de carrière » écrit en collaboration avec Betz, Nancy E. Brown, Steven D. Lent, Robert W.
Albert Bandura s’adresse aux acteurs de l’éducation sur les adolescents, leur sentiment d’efficacité et leur orientation
Voici un ouvrage à destination des professeurs avertis, des professionnels de l’orientation et de ceux qui s’intéressent à la motivation. A. Bandura a publié une soixantaine d’ouvrages. On le connaît en France à travers l’imposante traduction de 2003 réalisée par J. Lecomte, les travaux de Ph. Carré sur l’apprenance et ceux de S. Blanchard de l’INETOP. Il s’adresse aujourd’hui directement à celles et ceux qui travaillent avec des adolescents (tes). Ceux-ci doivent en effet gérer des changements physiques envahissant mais aussi de difficiles transitions éducatives où ils sont loin d’être égaux. Tous vivent des passages où le changement environnemental majeur met l’efficacité personnelle à l’épreuve. La façon dont cette phase est gérée, en termes d’acquisition de connaissances mais aussi de compétences motivationnelles et interpersonnelles, joue un rôle crucial en donnant un cadre de direction à l’existence. Plus les élèves et les étudiants croient en leur capacité à répondre aux exigences éducatives et à exercer une profession, mieux ils se préparent aux différentes carrières. Les travaux de Lent démontrent, en effet, l’existence d’une relation directe entre le SEP et le développement des intérêts. En orientation, il existe un sentiment d’efficacité décisionnelle dont les clefs nous sont ici données. La maîtrise des opérations qui préparent l’orientation en est une. Ainsi, en tête d’autres facteurs importants, le développement d’une auto-efficacité à gérer des connaissances et des informations sur Internet et s’y construire une identité numérique apparaissent comme des phases essentielles. C’est une façon privilégiée de se renseigner sur les compétences exigées et d’élargir des perspectives sur des métiers possibles pour soi. L’ouvrage ne s’arrête pas à la seule orientation mais traite des moments de la vie où « les individus posent des actes qui leur procurent de la satisfaction et leur donne confiance en eux » et de l’importance de l’accompagnement éducatif en la matière. L’efficacité à faire de bons choix prend une importance croissante dans notre société et il convient d’y préparer les jeunes
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Jean-Marie Quiesse octobre 1010
Les adolescents: leur sentiment d’efficacité personnelle et leur choix de carrière
Bandura, Albert
Betz, Nancy E.
Brown, Steven D.
Lent, Robert W.
(Traduit par Anne-Marie Mesa / Préface de Denis Pelletier)
