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Contextes économiques et sociaux

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Deux ou trois mots sur l’Economie sociale et solidaire

L’économie sociale et solidaire (ESS) rassemble l’ensemble des organisations incarnant une volonté de concilier activité économique et poursuite d’objectifs à visée d’utilité sociale et caractérisées par un mode de gouvernance participative et démocratique.

L’ESS est plurielle dans ses sources d’inspiration, son mode d’organisation et ses modalités de fonctionnement. C’est sa force mais en même temps sa faiblesse, parce qu’elle ne peut guère parler d’une seule voix face à l’économie capitaliste d’orientation néo-libérale.

Le mouvement coopératif se présente comme une alternative au capitalisme par temps de crises

« Les entreprises de l’Economie sociale fonctionnent de manière démocratique et sont constituées de sociétaires solidaires et égaux en devoirs et en droits » (article 1). « Les entreprises de l’économie sociale proclament que leur finalité est le service de l’Homme » (article 7) in Charte de l’économie sociale, 1980.

Le respect des valeurs éthiques humanistes se caractérisent notamment dans le champ de la finance solidaire (finance sociale ou philanthropique) et du commerce équitable. Au nom de la nécessaire professionnalisation, deux questions se posent : doit-on gérer les associations comme des entreprises, dès lors que l’on adhère aux valeurs de l’ESS ? Et peut-on allier business modèle, digitalisation de la société et économie solidaire ? Pour nous, une société n’est pas un agrégat de clients et les institutions de la République  ne sont pas des centres de profit.

Un champ d’expérimentations sociales innovant

La loi relative à l’économie sociale et solidaire du 31 juillet 2014 illustre les principes et champ de l’ESS en citant des exemples de « bonnes pratiques » concernant notamment la mise en œuvre de la « gouvernance démocratique », la concertation dans l’élaboration de la stratégie de l’entreprise ; la territorialisation de l’activité économique et des emplois ; l’exemplarité sociale en matière de politique salariale, de formation professionnelle, de santé au travail, de qualité des emplois… Une attention particulière est portée au lien avec les usagers pour répondre à des besoins non  satisfaits mais aussi pour faire en sorte que dans l’entreprise, les problématiques de la diversité, de la lutte contre les discriminations et d’égalité réelle entre les femmes et les hommes soient entendues par les instances dirigeantes élues.

Dès ses débuts, l’économie sociale, dans le sillage des Expositions universelles du XIXème  siècle, est adossée à un horizon utopique : faire des Institutions du progrès social, « la science de la vie heureuse ! ». On en est loin même aujourd’hui, même si le poids du secteur de l’Economie sociale dans l’économie générale n’est pas négligeable en France, en Europe et dans le monde. Pour nous limiter à la France, « Le secteur de l’économie sociale représente presque deux millions de salariés et plusieurs dizaines de milliers d’entreprises. Les mutuelles d’assurance y détiennent plus de 30 % du marché de l’assurance automobile, plus d’un français sur deux est adhérent d’une mutuelle de santé complémentaire de la Sécurité sociale. Dans le domaine bancaire, les Etablissements coopératifs sont parmi les plus importants et les plus performants » (Encyclopaedia Universalis, Paris, 2008).

Tendanciellement, nous allons vers plus de partage des savoirs et des expériences réussies. Le témoignage de Geneviève Fontaine, chercheuse en transformation sociale, illustre une démarche d’éducation populaire, reconnaissant la légitimité de chacun (e) à participer à l’élaboration d’une culture commune. Cette professeure d’économie a créé un laboratoire d’innovation sociale aux activités multiples : chantier d’insertion, magasin coopératif, recyclage ou encore Fab-Lab. Cet espace ouvert d’éducation permanente sur « l’autre économie » additionnée des « communs » et des « capabilités » dont le rapprochement définit des « communs de capabilités ».  Le Monde, 23 août 2017.

 

Enseigner autrement pour entreprendre autrement

Du lycée aux grandes écoles, l’enseignement de l’économie fait débat. Les candidats à la présidentielle 2017, à quelques exceptions près, restent fâchés avec les rouages de l’économie nationale et internationale. Dans l’enseignement supérieur, les étudiants demandent des approches idéologiquement plus variées. Pourtant, la pensée économique française est foisonnante et de renommée internationale. Le succès international de l’ouvrage de Thomas Piketty, Le Capital au XXIème siècle, en témoigne.

Inviter les élèves à faire preuve d’esprit critique sur les enjeux de la loi travail, dite loi El Komri (2016-2017), permet, par exemple, de faire le lien entre l’économie et la citoyenneté. « Beaucoup de jeunes sont séduits par la modernité des coopératives », Les Echos, 4 juillet 2017.

Plusieurs associations de spécialistes ont appelé récemment à un changement d’esprit dans l’enseignement des sciences économiques et sociales à l’université ou invitent à une approche interdisciplinaire, pluraliste et innovante sur le plan pédagogique.

A la différence des sciences expérimentales, il n’existe pas de cadre d’intelligibilité qui fasse l’unanimité des économistes. C’est par une « fertilisation croisée » des sciences économiques et sociales avec l’ensemble des sciences humaines et sociales que l’enseignement de l’économie peut éclairer l’apprenant, et plus tard l’adulte dans la perspective de la formation continuée. Dès le lycée, le professeur de philosophie en classes de terminale pourraient, par exemple, intervenir sur les sources d’inspiration de l’ESS en évoquant les socialistes utopiques, le christianisme social, l’école libérale et le coopérativisme pour mettre en lumière les enjeux politiques et idéologiques du projet d’économie sociale. Comment passer dans le monde des affaires d’une compétition parfois destructrice à une coopération plus harmonieuse ?

Pour  être à la hauteur de son rang de 6ème puissance mondiale en termes économiques, les responsables de la Nation devraient se montrer capables de nous sortir du moment de pauvreté intellectuelle en la matière, en se montrant plus attentifs à la « question sociale » (R. Castel), en valorisant notamment les ressources de l’économie sociale et solidaire, présenté aux jeunes générations comme un secteur porteur d’avenir.

Parler du mutualisme…

Pour aller un peu plus loin

 

ARCHAMBAULT, E., Le secteur sans but lucratif, Paris, Economica.

AZNAR, G.R., CAILLE, A. & LAVILLE, J.C., 1997, Travail, activité, revenus pour tous ? Vers l’économie plurielle, Paris, Syros.

BIDET, E., 1997, L’économie sociale, Paris, Le Monde Editions.

CASTEL, R., 1995, Les métamorphoses de la question sociale, Paris, Fayard.

DANVERS, F., 2017, S’orienter dans la vie : un pari éducatif ? Villeneuve d’Ascq : Presses universitaires du Septentrion (Tome 3).

DEMOUSTIER, D., 2001, L’économie sociale et solidaire : s’associer pour entreprendre autrement, Paris, Syros.

LAVILLE, J.L. & SAINSAULIEU, R. (Dir), 1997, Sociologie de l’association, Paris, Desclée de Brouwer.

MOUZON-CAMPOS, J.L., 1995, Coopératives, marchés, principes coopératifs, Bruxelles, De Boeck.

MOREAU, J., 1994, L’économie sociale face à l’ultralibéralisme, Paris, Syros.

PENIN, M., 1997, Charles Gide 1847-1932 – L’esprit critique, Paris, L’Harmattan.

POLANYI, K., 2011, La Subsistance de l’homme : la place de l’économie dans l’histoire et la société, Paris, Flammarion.

* Economie et management, n° 149, octobre 2013.

 

Francis Danvers, professeur émérite en Sciences de l’éducation

Laboratoire CIREL-Profeor, Université de Lille Nord de France

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Economie – travail – métiers -Emploi – Entreprise

Mise à jour le17 11 2017

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Les adhérents trouverons ci dessous les sites Web ressources pour approfondir leur recherche sur les métiers, les emplois et leurs contextes économiques. Adhérer permet d’accéder à de très nombreuses ressources, de participer à la vie de Apprendre et s’orienter et de soutenir son action. Apprendre et s’orienter est membre de l’Association Internationale d’Orientation scolaire et professionnelle.

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L’approche orientante, une nécessité. Tome 2. Oser l’approche orientante, comment ?

Jean-Marie Quiesse, Danielle Ferré, Alain Rufino : préface Olivier Brunel – Editions Qui plus est, Paris, 2007

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L’approche orientante, une nécessité. Tome 1. Oser l’approche orientante, pourquoi?

Jean-Marie Quiesse, Danielle Ferré, Alain Rufino : préface Richard Etienne, postface, Francis Danvers.

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Sciences de gestion : Comment défendre des points de vue positifs et élaborer des stratégies d’orientation constructives ?

Par Francis DANVERS

L’Association des professeurs d’économie et gestion (APEG) a tenu ses journées pédagogiques à l’Ecole nationale de commerce de Paris, les 4 et 5 février 2016.

Le thème choisi portait sur  la responsabilité dans les organisations et les pratiques pédagogiques. Nous sommes intervenu sur la responsabilité éducative notamment dans le domaine de l’orientation scolaire et professionnelle des lycéens en participant à deux ateliers sur la situation d’élèves en filières STMG (Sciences et techniques du management et de la gestion) et ST2S (Sciences et technologies de la santé et du social) en utilisant la méthode du sosie pour croiser les regards sur les pronostics d’orientation des conseils de classe.

En dehors de notre apport à la table ronde sur l’histoire et les enjeux de l’orientation des jeunes des années 2000, nous avons entendu :

  • Corinne Lepage sur la responsabilité environnementale dans le contexte de la COP 21 ;
  • Emilie Molino, manager à Solucom, en sa qualité de formatrice des jeunes consultants, spécialisée sur le numérique au service de l’intergénérationnel ;
  • Bernard Colasse sur les fondements de la comptabilité des entreprises ;
  • Gilbert Longhi sur la responsabilité des enseignants dans tous ses aspects ;
  • Serge Cospérec sur le respect du Droit, des valeurs et les principes de la déontologie du Service public et l’éthique éducative en milieu scolaire ;
  • Sylvie Cordesse nous a présenté un ouvrage portant sur l’enseignement du management par des situations problèmes ;
  • D’autres intervenants ont présenté l’intérêt pédagogique des « jeux sérieux » pour initier à la gestion…

La co-animation de ces journées d’études pédagogiques par Philippe Bonot, président de l’APEG et Christine Fauveau Gautard, vice-présidente, a été stimulé par une rencontre avec les auteurs d’ouvrages théoriques et méthodologiques propres aux disciplines évoquées et par la présentation du n° 128 des Cahiers d’économie et gestion, (Décembre 2015/février 2016) consacré à « l’intelligence collective » dans l’esprit d’une approche orientante exprimée de la manière suivante : « Comment faire en sorte que nos élèves de lycées s’approprient une connaissance du monde économique et professionnel en relation avec leurs projets d’avenir ? ».

Mon sentiment est que ces journées sont à l’honneur de ces enseignants, tous motivés, volontaires, passionnés par leur métier, et l’amour de leur discipline, respectueux de leurs élèves et de leurs familles et préoccupés comme eux, des incertitudes de l’avenir. Curieusement, il n’y avait pas de caméras, ni de journalistes, ni d’inspecteurs ou de Ministre de l’Education nationale. Des enseignants qui font admirablement leur travail, ne font pas d’histoire et en plus, ils donnent l’impression d’être chaleureux et heureux dans leur vie professionnelle et personnelle. Cherchez l’erreur…et n’en dites mot !

Francis Danvers février 2016

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JM Quiesse – Apprendre et s’orienter à l’heure numérique

Il existe un lien entre le développement du numérique et celui de la formation et de l’orientation tout au long de la vie. A chacune des phases de développement de l’orientation, la gestion personnelle de l’information  prend de l’importance et ses supports évoluent. C’est que ces changements deviennent technologiquement possibles. Mais ils sont également nécessaires vis à vis d’un objectif d’expansion et de partage des savoirs, eux mêmes porteurs de projets humains. Si, pour bien s’orienter, une simple consultation était obligatoire dans les années 1930,  bien s’orienter dépend aujourd’hui  de plus en plus d’un bon accès à l’information mais surtout de la maîtrise de son traitement.  C’est principalement sur le Web que les jeunes et leurs familles prennent les renseignements utiles. Dans cette démarche, où  le centre d’appropriation de l’information est, alors, l’internaute lui-même, le vrai centre de décision a tendance à basculer vers la personne qui s’oriente. La compétence à s’informer occupe donc une place centrale.  Par ailleurs, à plusieurs niveaux de la scolarité,  se développent des interfaces d’orientation qui mêlent étroitement en ligne  l’information, la communication et l’élaboration de stratégies de choix personnels, tels « admission post bac ».  On sait qu’il conviendra d’apprendre et de s’orienter tout au long de sa vie mais aussi qu’une partie importante de la formation s’effectuera de plus en plus à travers des réseaux de plates formes dématérialisées. Sans être physiquement présent dans un lieu, la totalité des habitants de la planète peut aujourd’hui accéder à des savoirs  ainsi qu’à des réseaux d’apprentissages. Internet est leur salle de cours. Et c’est aussi sur le Net qu’ils prépareront leur orientation. Compte tenu des environnements numériques et économiques d’aujourd’hui où chacune et chacun tend à devenir le propre agent de sa formation, il n’est pas étonnant que la loi française de novembre 2009 sur l’orientation et la formation professionnelle tout au long de la vie instaure un service d’information dématérialisé, le droit à l’orientation et  à  l’accompagnement.

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L’orientation en France – Un processus administré autour de 9 droits

Le travail, considéré comme un bien commun, est le fruit d’une histoire et d’une construction (1a) . Créateur d’identité, il est considéré comme le moyen pour chacun de participer à la création de richesses collectives mais aussi, par la ressource financière qui en résulte, d’assurer sa vie familiale et sa participation au débat démocratique. Le droit au travail participe de la dignité de l’être humain. Il a été affirmé pour la première fois en 1848. La constitution de 1946 décrète que   » Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi « . Ce droit est repris par l’actuelle constitution, en 1958. Il s’agit donc,  pour les pouvoirs publics, de mettre en œuvre une politique permettant à chacun d’obtenir un emploi. Le Service public de l’emploi a été créé 1963, avec l’ANPE. Depuis 1922,  9 droits  ont été édictés autour de l’orientation française qui vient d’avoir 80 ans en septembre 2012.  Dans l’Education nationale exercent 1879 500 personnes qui participent de l’orientation des élèves. Les conseillers d’orientation-psychologues y sont au nombre de 4500. C’est un budget annuel de presque un milliard d’euros (1b). S’ajoutent quelques 300 000 personnes travaillant sur le  champ du social, dont environ 13000 actifs dans le privé et un nombre non défini de consultants, coach…etc.  Hors Education nationale, le coût annuel de la politique d’accès à l’emploi dépasse les 70 milliards d’Euro. Son organisation totale  comporte 8500 points d’accueil (1c).  Pour la première fois de son histoire, la loi de 2009 a fait de l’orientation un service autonome de l’administration française. Voici les quelques 9 grandes lois qui ont « fait » l’orientation. Continuer la lecture

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Orientation – bibliographie – sitographie

Mise à jour 15 07 2016

Pour les adhérents, une bibliographie évolutive sur l’orientation, l’approche orientante, la gestion de l’information numérique pour l’orientation, les environnements sociaux et économiques. On trouvera aussi les des sites de référence, les textes fondamentaux pour le système français d’orientation et la bibliographie officiellement recommandée pour la préparation au concours de conseiller d’orientation-psychologue. Des éléments plus larges sur la formation et les métiers de l’orientation, de l’insertion et de la GRH sont aussi disponibles ici.

Adhérer permet une consultation permanente et complète. C’est également un soutien à l’association  et à son action.

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Réforme territoriale : une opportunité pour l’orientation scolaire et professionnelle ?

Par Jean-Marie Quiesse – Expert en Orientation de carrière – Association « apprendre et s’orienter »

Des projets d’une réforme du découpage de la gestion territoriale sont  annoncés pour la France[1]. Il nous semble intéressant de les replacer dans le cadre de la projection mentale d’un espace protecteur où chaque citoyen aspire à vivre « bien » son orientation à travers une mobilité personnelle et des ouvertures pour ses projections d’avenir.

Les changements de temps et d’espace  bouleversent les visions de l’avenir

Les visions du temps et de  l’espace structurent  les visions sociales et les projets d’avenir.  Même si la réforme dont on parle ne vise, apparemment,  qu’à modifier les territoires de gestion administrative[2], elle ne pourra se faire sans tenir compte des facteurs économiques[3] et donc de projections personnelles du devenir professionnel de chacune et de chacun.

Autant la notion du temps, avec l’accélération des changements dans les dernières décennies, effet du développement des nouvelles technologies, a profondément transformé les conditions du travail et de l’emploi[4], autant remodeler l’espace d’administration, de mobilité et de production de richesses est une nouvelle étape où le rôle de l’Etat va se trouver réinterrogé.  En ce qui nous concerne, le décalage[5] déjà existant entre les attentes des citoyens  et une organisation  de l’orientation scolaire et professionnelle solidement administrée sur un modèle des années 1970 risque de s’accentuer s’il n’est pas traité sur cette nouvelle échelle.

Entre désir d’Etat et besoin d’autonomie, l’attente d’un accompagnement de proximité

L’époque est à l’individualisation. Chacun, chacune, veut être reconnu et tracer son propre chemin[6]. Mais, chacun, chacune, sait qu’il n’y a pas d’autonomie sans consensus social sécurisant. Alors que se développe, encore et toujours, un puissant réseau d’échanges mondial,  le  désir d’Etat  se manifeste chez des populations qui craignent un délitement des institutions protectrices et une remise en cause de leurs identités.  Cette protection, c’est aussi celle de la sécurité du travail et de l’emploi.  En ce qui concerne l’orientation, la cinquantaine de rapports[7] produits dans les deux décennies précédentes montrent que, en France, ce n’est pas le principe d’une organisation administrative[8] qui est remise en cause, mais son adaptation. Les rapports se sont multipliés mais, malgré les orientations européennes[9] et malgré la loi du 24 novembre 2009[10], rien n’en est sorti de vraiment concret et novateur en termes de préparation et d’accompagnement de la carrière.

Une nouvelle vision du territoire doit intégrer pleinement l’accompagnement vers l’emploi

La conception d’un nouveau découpage administratif du territoire français qui ne mettrait pas en avant son lien avec l’amélioration de l’accès de chacun à la formation et à l’emploi dans l’ensemble plus large de l’Europe ne ferait qu’accentuer le décalage de confiance entre les citoyens et l’organisation de l’orientation scolaire et professionnelle dont l’école est fortement partie prenante. Ce sera peut-être l’opportunité de repenser le transfert des compétences en la matière.

A consulter en complément :

Aménager la France de 2020 – 4 scénarios – Datar

Aménager la France – Datar – Processus et scénarios

Les nationalismes « régionaux» en Europe, facteur de fragmentation spatiale ?

 


[1] Cartes de France -Rapports, projections, hypothèses sur la nouvelle carte des régions

[4]Et aurait dû modifier l’organisation de l’orientation française et des modalités d’accès à l’emploi, ce qui n’a pas été le cas

[5] Quiesse JM, Ferré D., Rufino A. « L’approche orientante, une nécessité » – Qui Plus Est – Paris – 2007

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Orientation française 45 rapports et analyses de la dérégulation

S’est-on vraiment rendu compte que l’orientation actuelle, bâtie à l’aune des années 1970, avec ses disciplines scolaires, ses organisations du travail, de la société et de l’économie, était entrée, de crise en crise, dans une nouvelle ère ? On assiste en effet,au développement  d’instances de remédiation, et à une multiplication d’intervenants dans un domaine où se mêlent les initiatives publiques, associatives et privées. Depuis 2005, au moins 45  rapports et études ont été rédigés . Les voici…

Adhérer permet une consultation permanente et complète. C’est également un soutien à l’association. et à son action. Apprendre et s’orienter est membre de l’Association Internationale d’Orientation scolaire et professionnelle.

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