Éditorial

Danielle Ferré

                                          

 

 

                                                                                   

Vents mauvais

Des vents mauvais soufflent actuellement sur l’Europe : racisme, xénophobie, antisémitisme, repli national, augmentation de la conflictualité…

Pour ne pas dire « c’était mieux avant » (M. Serres, 2017), rappelons-nous à gros traits ce qu’a été la « Révolution nationale » du Maréchal Pétain (1940-1944) fondée sur le mot d’ordre : « Travail, Famille, Patrie ». Convaincu que la « dégénérescence » est à l’origine de la défaite de 1940, Pétain instaure une politique de « redressement national » qui place enfants et jeunes au cœur du dispositif dans un pays démantelé par l’occupant.

Dans le sillage de la loi du 31 juillet 1920 qui avait un but démographique, le régime du maréchal Pétain renforce l’orientation nataliste de sa politique en réprimant l’avortement qui devient « un crime contre l’Etat », passible de la peine de mort (1942). Il encadre dès le plus jeune âge, la jeunesse pour préparer « l’homme nouveau ». Cette politique de la collaboration trouve vite ses limites : les Eglises refusent la « jeunesse unique », l’Occupation accroit la délinquance juvénile tandis que le Service du travail obligatoire (STO) entraîne la rupture définitive de la plupart des jeunes avec un régime autoritaire, perçu comme dictatorial et profondément antisémite. De plus, le chômage des jeunes s’accroit dans une société de pénuries aggravées.

« La race blanche va-telle disparaître ? » (Alliance, 1931). La France gardera pendant plusieurs décennies une orientation nataliste de sa politique sociale à la différence de la Grande-Bretagne avec cette question centrale : l’enfant fait-il partie du domaine privé de la vie familiale ou est-il d’abord un investissement qui concerne l’Etat-nation ? Selon la réponse donnée à ce problème essentiel, nous n’aurons pas la même politique d’orientation des jeunes, si nous raisonnons dans un cadre démocratique.

L’article 700 de notre Dictionnaire encyclopédique de l’orientation (Tome3, 2017) fournit le détail des mesures à l’encontre d’une orientation professionnelle publique. La philosophie du nouveau régime condamne l’individualisme, refuse l’égalitarisme et encourage l’artisanat et le « Retour à la terre ». « Renaître », « Servir », « Obéir » était l’un des slogans de la politique éducative de Vichy. Parmi les résistants qui luttaient contre l’ordre vichyssois et qui ont servi la cause éducative de l’orientation professionnelle et scolaire des jeunes, citons à titre indicatif, C. Freinet, R. Gal, P. Naville, H. Piéron, H. Wallon et bien d’autres personnalités du monde éducatif moins connues.

Le président

Francis Danvers

septembre 2019

Actualité

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Mise à jour 05 09 2019

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