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Archives par mot-clef : psychologie

GREO – Journée d’études : Marxisme, psychologie et orientation en France au XXe siècle (le 19/11/2021 de 9h-18h – Paris)

Journée d’études organisée par le Groupe de recherches sur l’évolution de l’orientation (GREO)

Le 19 novembre 2021, 9h-18h à l’INETOP CNAM (41 rue Gay-Lussac 75005 PARIS)

Alors que l’influence du communisme au XXe siècle au sein des milieux intellectuels a été l’objet de nombreux travaux, les chercheurs ont assez peu abordé les relations entre le marxisme, la psychologie et l’orientation professionnelle et scolaire. Pourtant, que ce soit aux travers de grandes figures scientifiques (J.-M. Lahy, H. Wallon, R. Zazzo, P. Malrieu…), de milieux socioprofessionnels (psychologues, conseillers d’orientation, psychologues scolaires, psychologues du travail…) ou de polémiques théoriques et politiques (aptitudes, dons, tests), ces engagements ont contribué à structurer le champ de la psychologie.


Le questionnement au sujet de ces relations doit, tout à la fois et nécessairement entrecroiser de multiples dimensions, scientifique, politique, idéologique, mais aussi sociale et culturelle ou mettre en évidence les acteurs, scientifiques, intellectuels ou professionnels, responsables politiques, militants, simples adhérents ou sympathisants qui tous s’insèrent dans des milieux et des périodes particulières. Ce faisant, s’imposera la prise en considération des logiques scientifiques, académiques et éditoriales propres à la production intellectuelle et scientifique, ainsi que les questions suivantes.


Comment articuler théoriquement psychologie et marxisme et délimiter la part du marxisme dans la production scientifique ? Peut-on surmonter les oppositions entre rationalisme et marxisme, dogmatisme et critique ? La place de la personne dans la logique de l’histoire en relation avec la division du travail et la lutte des classes dans les discours et pratiques d’inspiration marxiste et/ou communiste ? Avec ses identités multiples, peut-on délimiter l’implantation communiste parmi les psychologues, scientifiques et praticiens et mesurer ses conséquences sur le fonctionnement, l’identité professionnelle et le statut de ces milieux ?

                                                                                                 P. Roche, mai 2021.

PROGRAMME

9H-9H30 Accueil

9H30-9H45 Ouverture de la journée d’études


Allocution des organisations parrainant la manifestation scientifique : GREO : INETOP et APSYEN.

Président de séance : Serge Blanchard

9H45-10H15- Marxisme et psychologie dans l’entre-deux-guerres, Isabelle Gouarné, chargée de recherches au CNRS, Centre universitaire de recherches sur l’action publique et la politique, épistémologie et sciences sociales, Université d’Amiens. Auteur de L’Introduction du marxisme en France. Philosoviétisme et sciences humaines 1920-1939, PU Rennes 2013.

10H15-10H45- Henri Wallon (1879-1962), psychologue marxiste et communiste, Serge Netchine, professeur honoraire de psychologie de l’enfant et de l’éducation Université Paris VIII, dernier ouvrage paru avec Gaby Netchine-Grynberg, Henri Wallon (1879-1962) : action pensée, pensée de l’action, Ed. Peter Lang, 2017.

10H45-11H Pause

11H-11H30 – Psychopédagogie et marxisme dans l’œuvre d’Antoine Léon (1921-1998), Pierre Roche, docteur en sciences de l’éducation, président du Groupe de recherches sur l’évolution de l’orientation, dernier ouvrage paru : Antoine Léon et la psychopédagogie des adultes, in, P. Carré et P. Mayen (dir.) Psychologies pour la formation, Dunod, 2019.

11H30-12H- Jacques Romian (1928-1987) : conseiller, psychologue et syndicaliste, Catherine Remermier, psychologue de l’Education nationale (éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle).

12H-14H Repas (libre).

Président de séance : Pierre Roche

14H-14H30- Ecole, psychologie et orientation (1977), Jean-Claude Foutrier, Psychologue de l’Education nationale (éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle), Denis Lemercier, Docteur en psychologie HDR, enseignant-chercheur honoraire. Tous deux, coauteurs.

14H30- 15H- La psychologie dans la correspondance entre Lucien Sève et Louis Althusser (1949-1987), Claude Morilhat, philosophe, membre du Groupe d’études du matérialisme rationnel, collaborateur de La Pensée, dernier ouvrage paru : Marx : la formation du concept de force de travail, PU Franche-Comté,2017.

15H-15H 15 Pause

15H15-15H45 – Education nouvelle, psychologie et marxisme, le GFEN (1980-2000), Jacques Le Moigne, Psychologue de l’Education nationale (éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle). Coauteur de G.F.E.N. L’orientation scolaire en question, Editions ESF,1986.

15H45-16H 15- La Boussole, publication des étudiants communistes de l’INETOP (1949-1954), Annick Domé, Conseillère d’orientation-psychologue retraitée, membre du GREO.

16H15-16H45- Orientation et psychologie dans L’École et la Nation (1951-1981), Paul Lehner, docteur en science politique, enseignant-chercheur contractuel en sciences de l’éducation à l’Université de Cergy-Pontoise, dernier ouvrage paru : Les conseillers d’orientation. Un métier impossible, PUF, 2020.

Conclusions et perspectives de la JE : Francis Danvers (PU émérite, Université de Lille).

     …………………………………………………………………………..

Journée organisée par le Groupe de recherches sur l’évolution de l’orientation avec le soutien de l’APSYEN.

Inscription obligatoire avant le 1° novembre 2021 à : guerrierremi@gmail.com

*Gratuité offerte aux membres du GREO à jour de la cotisation 2021, ainsi qu’à tous les intervenants.

** Possibilité de prendre son adhésion annuelle sur place (seulement par chèque).                                              

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« Pensée positive », avez-vous dit ? par Francis Danvers

« Pensée positive », avez-vous dit ?

La pensée positive est à la mode : économie positive, parentalité positive, orientation positive… et représente une entreprise très lucrative pour ses gourous, notamment philosophes. Telle n’est pas l’intention de l’auteure, Rébecca Shankland, maîtresse de conférences en psychologie à l’Université P. Mendés-France de Grenoble, puisqu’il s’agit de nous livrer un ouvrage d’initiation à la psychologie positive, bien documenté et avec un esprit critique.

En effet, des préjugés sur la psychologie positive persistent : parfois confondue avec une méthode de développement personnel, la psychologie positive nierait les problèmes de la vie réelle ou bien serait une méthode d’autosuggestion (on pense à la fameuse « méthode Coué ») ou pire encore, favoriserait le bonheur égoïste.

La psychologie positive n’est pas une nouvelle discipline mais a pour visée une meilleure connaissance de l’individu ordinaire et des conditions favorables à son développement et à son épanouissement. Cette « science du bonheur » qui n’est pas nouvelle en soi, a pour objectif le fonctionnement « optimal » et non « maximum » de l’être humain. Comment passer de l’impuissance acquise à l’optimisme appris ?

Au plan historique, les apports viennent du courant de la promotion de la santé, des recherches sur le développement post-traumatique et les facteurs de résilience, des théories de l’attachement et du bien-être ainsi que des travaux de la psychologie sociale sur  les comportements sociaux ; plus récemment, on peut y ajouter la psychologie clinique et les thérapies comportementales et cognitives (TCC) de même que les pratiques psychocorporelles et les orientations philosophiques  de la « pleine conscience ».

Au plan théorique et méthodologique, un modèle de santé mentale positive semble s’imposer. Il ne s’agit plus de se centrer sur la compréhension des maladies pour traiter des troubles ou des pathologies mais de se centrer sur la personne en visant son épanouissement, en prenant en compte, par exemple, les facteurs de risque et les facteurs de protection. A côté des méthodes de recherche classiques (méthodologie quantitative et expérimentale) apparaissent de nouvelles méthodes permettant d’avoir un impact sur la qualité de vie.

Une science du bien-être est-elle possible ? Le processus d’adaptation est compris comme un ajustement entre les besoins personnels et les demandes des autres membres de la société. Les stratégies de coping, le rôle des émotions sur la résolution de problèmes sont étudiées en référence au bien-être subjectif.

Quels sont les déterminants du bien-être psychologique ? La réponse à cette question donne lieu à des développements sur la place du plaisir, de rôle de l’engagement, l’expérience du flow (expérience optimale), la recherche du sens, les dimensions affective, cognitive et comportementale.

Il n’est pas démontré qu’en toute circonstance, l’argent fasse le bonheur des individus.

L’avant dernier chapitre (V) aborde les dispositions positives : l’optimisme, l’espoir, la gratitude, le don, le pardon et plus généralement l’altruisme qui participe d’une « orientation reconnaissante ».  La résilience, au sens de capacité à amortir les chocs, est la variable psychologique la plus discutée, car elle peut donner lieu à des usages idéologiques justifiant la violence d’une société ultra-compétitive. Pourquoi faudrait-il qu’une société démocratique se plie aux exigences du marché mondial ?

On le voit, « les travaux de psychologie positive semblent montrer que le développement des potentialités nécessite du temps et des exercices spécifiques réguliers. Il serait donc utile que les professionnels de l’éducation, de la santé et de l’accompagnement se penchent sur ces pratiques. »

Le travail éducatif dans le domaine de l’orientation ne peut pas tout. En effet, l’orientation générale de notre société de consommation est matérialiste. Par exemple, à l’âge de 21 ans, un adulte ayant  pris l’habitude de regarder la télévision, aura pu voir environ un million de publicités, ceci générant un sentiment de frustration et de manque. En effet, la comparaison de sa richesse avec celle des autres est dommageable pour le bonheur.

Le dernier chapitre consacré à la psychologie positive appliquée évoque la théorie de l’intelligence émotionnelle et s’interroge sur les couples heureux. Tout n’est pas qu’affaire d’interactions sociales. Il existe des institutions positives qui rendent possibles le bien-être au travail et l’éducation positive à l’école, par l’introduction progressive au siècle dernier, des pédagogies nouvelles dites « actives ».

L’exposé sur la psychothérapie positive renvoie à des interventions validées et à des méthodes testées comme, par exemple, l’échelle d’orientation vers le bonheur ou l’échelle de satisfaction de la vie. L’auteur considère que « les outils psychotechniques sont une aide au diagnostic, à l’accompagnement et à la standardisation des recherches ».

Nous avons dans le Tome 3 de S’Orienter dans la vie : un pari  éducatif ?  (Septentrion, 2017) consacré plusieurs articles à la pensée positive en y introduisant des éléments critiques  (Bien-être ; Bonheur ; Energie ; Joie ; Résilience ; Sagesse ; Sens de la vie…)

Francis Danvers- Mai 2017

Rebecca ShanklandLa psychologie positive, Dunod 2017

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