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Articles de l’auteur : Jean-Marie QUIESSE

BIBLIOTHEQUE IDEALE de Sciences Humaines et Sociales pour l’orientation au fil de la vie

Par Francis Danvers

Par Francis Danvers

UNE   « BIBLIOTHEQUE IDEALE » de Sciences Humaines et Sociales pour l’orientation au fil de la vie

Par Francis Danvers

Cette bibliothèque idéale a été créée en réponse à la question posée par le Recteur G. Collot de l’université Mont-Everest de Port-au-Prince en Haïti : « Quelle bibliothèque idéale faudrait-il en « sciences pédagogiques de l’orientation » en vue de promouvoir une culture générale et professionnelle destinée à de futurs experts en orientation des jeunes et des adultes au XXI° siècle », au cours du Séminaire de formation de cadres éducatifs, mars-avril 2015.

Découvrez cette très complète bibliographie élaborée par Francis Danvers.

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L’émergence de la société du sens à l’ère du numérique et des réseaux sociaux : 2010- 2015 – Cinq années de mesures pour accompagner les orientations scolaires et professionnelles

Par Francis Danvers

Par Francis Danvers

ANNALES du mouvement français d’orientation des jeunes et des adultes des origines (1762) à nos jours (2015).  Extrait…

Danvers, Francis, S’orienter dans la vie (tome 1, 2009) ; (tome 2, 2012) ; Tome 3, à paraître). Villeneuve d’Ascq : Presses universitaires du Septentrion.

Professeur des universités en psychologie de l’éducation à l’UFR des sciences de l’éducation de Lille3 (2000- ) Directeur du SCUIO-IP (2000-2009). Chargé de mission relations Université Entreprises, puis sur la thématique de la VAE (Validation des acquis de l’expérience). Directeur fondateur du DESS devenu Master pro « Conseil en développement des compétences et valorisation des acquis » (CDVA, 2000), puis directeur du Master « Education & Santé ». Membre-fondateur du laboratoire PROFEOR- CIREL EA 2261 (directeur 2000-2002). Responsable de la collection « Métiers et pratiques de formation » pour le comité « Sciences sociales » des Presses inter-universitaires du Septentrion (Villeneuve d’Ascq).
Francis Danvers est président de l’association “apprendre et s’orienter” et l’auteur d’une centaine de publications sur trente années d’études et de travaux dans le domaine de l’orientation scolaire et professionnelle au XX° siècle.

Il nous livre ici les annales cinq années de mesures propres à accompagner l’orientation.

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Séminaire du Groupe de Recherches sur l’évolution de l’Orientation scolaire et Professionnelle

Groupe de Recherches sur l’Evolution de l’Orientation scolaire et Professionnelle

Le Groupe de Recherches sur l’Evolution de l’Orientation scolaire et professionnelle développe depuis 1996 les échanges et les recherches des historiens et professionnels de l’orientation et de la psychologie en formation, en exercice ou retraités sur l’évolution du mouvement d’orientation scolaire et professionnelle et de la psychologie scolaire.

Il organise en 2015-2016 et pour la dix-neuvième année consécutive un séminaire animé par des universitaires, chercheurs et praticiens-chercheurs.

Lundi 11 janvier 2016 de 14 à 17 h à l’I.N.E.T.O.P. 41, rue Gay-Lussac PARIS V, salle Henri Piéron,

Ordre du jour :

Assemblée générale.

Pierre Roche présentera un essai de bilan de 20 ans du GREO.

Nous vous invitons tout particulièrement à participer à cette séance où la plupart d’entre vous seront plusieurs fois présents.

Les séances du séminaire, gratuites et ouvertes à tous se déroulent au premier étage de l’Institut.

 

Renseignements: Serge Blanchard: courriel blanchard.serge@wanadoo.fr – Francis Danvers: U.F.R. Sciences de l’Education Lille III courriel fdanvers@nordnet.fr

 

Pierre Roche: courriel pierre.roche2@wanadoo.fr

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Mailles-Viard Metz Stéphanie : Autonomie et apprentissage universitaire

L’autonomie est un des objectifs de l’enseignement supérieur. Elle constitue un ensemble complexe d’activités cognitives facilitées par la réflexivité, le sentiment d’efficacité personnel, la créativité et l’autoévaluation. En situation d’apprentissage, différents outils peuvent accompagner ces processus, à travers la présentation et les résultats d’études réalisées dans les formations à distance, en présence ou hybrides. Ces éléments de réflexion permettent de proposer une maquette d’environnement personnel, dont l’étudiant est le concepteur, basé sur l’enregistrement des traces de sa propre activité pour déclencher et soutenir l’autonomie dans les apprentissages.

L’autonomie est définie au regard des outils existants de communication, de production, de partage et de gestion des informations. Illustré par des exemples concrets (journal de bord, cartes mentales, e-portfolio, etc.), cet ouvrage est un support pour un enseignant/formateur qui désire utiliser ces technologies dans ses pratiques professionnelles.
L’auteure : Stéphanie Mailles-Viard Metz est maître de conférences en psychologie et ergonomie cognitives à l’IUT de Montpellier/Sète. Ses travaux portent sur l’analyse des usages et la proposition de nouveaux outils technologiques pour les acteurs de l’enseignement.

Sommaire

Partie 1. L’autonomie : processus associés et contextes
1. Les processus psychologiques associés à l’autonomie dans l’apprentissage
2. Les contextes de mise en œuvre de l’autonomie dans l’apprentissage

Partie 2. Des instruments pour l’autonomie
3. Le processus d’appropriation de l’outil : la genèse instrumentale
4. Les outils de communication
5. Les outils de partage
6. Les outils de production
7. Les outils de gestion de la tâche
8. Discussion et conclusion

Partie 3. Instrumenter le sujet pour accompagner son autonomie
9. Tracer l’activité pour personnaliser l’environnement
10. Un outil pour guider l’autonomie : un système autoconçu

Collection Science cognitive et management des connaissances dirigée par Jean-Charles Pomerol
180 pages – Juin 2015
Ouvrage papier : 29,00 EUR
ISBN : 978-1-78405-085-6 (papier)
ISBN : 978-1-78406-085-5 (ebook)

Introduction

Table des matières

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L’apprentissage autonome ne peut s’inscrire que dans un projet personnel orientant

On construit ses apprentissages en même temps que l’on construit son parcours. Et souvent, à travers l’expérience, s’élabore alors un sens nouveau. A l’école mais aussi dans toute la vie, apprendre c’est toujours s’orienter. Apprendre et s’orienter est une association de personnes qui échangent leurs idées et leurs expériences dans le domaine de l’orientation humaine. Ils interrogent les évènements et les configurations mises en place dans les sociétés pour faciliter la démarche d’orientation. Celle-ci repose sur la liberté personnelle de choix, entendue comme l’exploration et la découverte maximale des possibles au sein d’un environnement social et économique en mouvement que nous souhaitons le plus solidaire possible. Comment adapter aujourd’hui les moyens de la formation dans une démarche simultanée d’apprentissage des savoirs et d’orientation individuelle ?

Résumé :

Le diplôme, même s’il est régulièrement critiqué, les acquis de l’expérience et l’accès à des réseaux deviennent les critères principaux pour la hiérarchisation professionnelle mais aussi sociale. Il convient donc de créer dès l’école des repères structurants au prix d’un investissement dans le moment présent. Dans un tel contexte on construit son parcours de vie en même temps que l’on construit ses apprentissages. La formation nourrit l’orientation.  Et pour se réaliser de façon pertinente dans un univers de travail « flottant » chacune et chacun doit pouvoir bénéficier d’un accès permanent à la formation utile, en fonction ses intentions d’orientation. Il convient donc d’accompagner une démarche simultanée d’apprentissage des savoirs et d’orientation individuelle. Etroitement liés par l’histoire moderne apprendre et s’orienter semblent émerger comme des axes forts de la société, posés comme des valeurs mais aussi conçus comme des moyens d’assurer une cohérence sociale mais surtout la réalisation personnelle. La démarche orientante consiste à offrir des situations éducatives (formatrices) permettant d’entreprendre et de mener à terme des projets orientés vers la connaissance de soi et l’inclusion dans la société. Développer la responsabilité, s’appuyer sur l’autonomie doit s’accompagner d’une démarche de développement du sentiment d’efficacité personnelle. Il est important d’accorder la pédagogie en la basant sur l’autonomie de l’apprenant, profiter de la souplesse des réseaux numériques, faire exploiter activement les bases de données, mettre en œuvre les réseaux sémantiques et les cartes conceptuelles, faire vivre enfin des expériences réelles et des échanges. Dans une approche orientante, l’apprenant devient acteur autonome, entrepreneur de la construction de connaissances vivantes. Il faut donc sortir de la simple logique de l’offre de formation ou de connaissance qui n’est pas motivante en soi. Pour apparaître pertinente la formation doit s’élaborer en fonction du besoin, enrichir utilement un projet personnel de développement. Mais il est encore mieux qu’elle s’inscrive dans un projet de développement de l’entreprise. C’est en expérimentant de façon active la démarche orientante dans un environnement d’équipe porteuse (et celle-ci peut être virtuelle) que la personne va apprendre à construire son projet en même temps qu’elle construira les connaissances d’elle-même, des autres et des domaines utiles pour la réalisation de ses intentions.

 

  1. Il n’y a pas que les nantis qui ont droit au sens de la vie

« Notre société d’aujourd’hui ressemble davantage aux paysages en mouvement qu’à un château de pierre » et il s’agit bien d’un nouveau paradigme, une conception explicative largement partagée[1]. Dans cette société fragmentée au travail « flottant » navigue l’homo MP3. Vers quel port ? Sujet auto-créateur, placé au centre de réseaux de communication il apparaît que c’est en effet davantage l’individu qui souhaite décider de son devenir, l’entreprendre, et non plus la société. Du moins les individus qui en prennent conscience et qui en ont les moyens.

Le soin d’influencer ou de piloter les destins collectifs est aujourd’hui le fait des « manipulateurs de symboles »[2] dont une des caractéristiques repose dans leur très haut niveau de technicité mais aussi de formation faisant appel à de nombreuses formes de l’intelligence[3]. Le diplôme, même s’il est régulièrement critiqué, les acquis de l’expérience[4]et l’accès à des réseaux socio constructivistes (« la socioconstruction du monde nous éloigne radicalement des systèmes retardataires centrés sur la technologie…pour nous associer aux pédagogies actives et transdisciplinaires »[5]) deviennent les critères principaux de la hiérarchisation professionnelle mais aussi sociale. Les innovations auxquelles participent ces personnes modifient les techniques, les habitudes, les organisations et les représentations construites dans la période post-moderne. La décomposition des structures et repères sociaux s’accompagne de déperditions du sens. Le sujet s’y affirme en luttant contre ce qui l’aliène et l’empêche d’agir en fonction de la construction de lui-même[6]. Et pour se construire il doit pouvoir bénéficier d’une formation en accord avec son besoin d’orientation. La formation nourrit l’orientation : « cette apprenance est devenue essentielle dans une société ouverte qui réélabore en permanence ses savoirs, réorganise ses champs de connaissance ».[7]

Alors que les emplois dits « non qualifiés » fragilisent en France six millions de travailleurs, le temps de la formation continue pour ces catégories ne cesse de se réduire [8]. On peut dire que la formation continue trop souvent défavorise les défavorisés, allant ainsi à l’inverse de sa mission initiale. Comment adapter les moyens de la formation à l’époque et aux attentes, dans une démarche simultanée d’apprentissage des savoirs et d’orientation individuelle ?

  1. Entre apprendre et s’orienter, dessiner la carte du savoir devenir

Chaque époque a son modèle et chaque personne est à son époque. Nous sommes sur des changements où chacun veut se réaliser avec ses identités possibles[9]. Le changement n’est plus un processus délibérément choisi mais un état permanent, une valeur en soi[10]. Ceci modèle de nouveaux comportements humains et des attentes. Etroitement liés par l’histoire moderne apprendre et s’orienter semblent émerger comme des axes forts de la société, posés comme des valeurs mais aussi conçus comme des moyens[11] d’assurer une cohérence sociale mais surtout la réalisation personnelle. Cette reconfiguration ne peut se faire au détriment du « vivre ensemble » qui lui-même ne peut reposer sur un système d’élimination.

 Au regard des nouvelles exigences de la modernité il convenait auparavant de se soucier du devenir de l’enfant. Aujourd’hui il s’agit bien d’une prise en charge de la vie adulte à travers différents dispositifs de formation et d’accompagnement. La préoccupation d’orientation ne se confine plus à la jeunesse mais à tous les âges de la vie. « La nécessité de disposer en permanence d’une pluralité de repères à questionner et à relativiser, quels que soient les âges de la vie, définit en conséquence ce que l’on peut appeler ici l’approche orientante »[12]Il convient de créer dès l’école des repères structurants au prix d’un investissement dans le moment présent. Dans un tel contexte on construit son parcours de vie en même temps que l’on construit ses apprentissages.

L’orientation rejoint la formation et l’éducation pensées « tout au long de la vie ». Il convient de conjuguer approche orientante et approche apprenante à travers le développement de la capacité continuellement offerte à rebondir par une recomposition dynamique de nos trajets de vie. « Le savoir devenir devient l’impératif premier, ce savoir devenir qui cherche à intégrer les composantes dégagées par une expérience interminable d’orientation, permettant sans cesse de mettre en face à face le hasard de la conjoncture avec ses contraintes et ses opportunités, les évènements, les aléas des décisions prises, les expériences passées à recapitaliser, enfin les autres dans la diversité de leurs visages aussi bien ressources que confrontants »[13]

  1. S’appuyer sur l’autonomie du sujet et le groupe

Garantir un accès permanent, communiquant et adapté à l’époque

 Si, quelque soit l’origine ou le niveau initial, l’accès permanent à la formation tout au long de la vie tient une place si importante dans cette époque « hypermoderne » dont l’orientation permanente est le lot, alors, soucieux d’égalité, il nous apparaît qu’il convient de garantir pour chacune et chacun l’accès facile à ce service, mais aussi aider à son intégration par un projet personnel utile. En effet, partie prenante d’un processus orientant, la formation prend tout son sens pour la personne. Il est enfin important d’accorder la pédagogie elle-même en la basant sur l’autonomie de l’apprenant, profiter de la souplesse des réseaux numériques, faire exploiter activement les immenses bases de données, mettre en œuvre les réseaux sémantiques et les cartes conceptuelles. « Dans ce contexte les savoirs deviennent des pays à explorer, des mondes à bâtir »[14] La mise en place de webfolios orientant s’inspirant des modèles québécois[15] ou encore l’hébergement de weblog communiquant faciliteraient le travail intrapersonnel et interpersonnel.

Développer le sentiment d’efficacité personnelle

Certains se plaignent des conduites de replis sur soi narcissiques, de l’attentisme ambiant, de manifestations de violence, de l’atténuation des frontières entre la vie publique et la vie privée…. Mais ce sont souvent les mêmes qui craignent de bousculer l’apprentissage académique. C’est vrai que le changement dérange, que l’adaptation demande un effort et que le nouveau mythe de la mondialisation ouverte peut faire peur. Dans le même ordre d’idée on peut considérer qu’il existe une contradiction à prôner l’autonomie et la responsabilité dans un contexte de déstructuration cohérente d’un monde de plus en plus lointain, virtuel, hors de portée. C’est pourquoi en effet, cette intention affichée doit s’accompagner d’une démarche de développement du sentiment d’efficacité personnelle[16] à travers des processus d’appropriation reposant sur la construction de projets expérientiels qui articulent l’approche orientante avec l’approche apprenante[17] , impliquent l’apprenant qui devient acteur autonome, entrepreneur de la construction de connaissances vivantes.[18]

 Ainsi la recherche action du lycée René Gosse de Clermont l’Hérault dans l’académie de Montpellier[19] est-elle un exemple orientant d’articulation entre projet personnel de l’élève et projets éducatifs emboîtés jusqu’à la tête de l’établissement. Au-delà du champ de l’orientation les effets ont été très positifs en termes d’accès à l’autonomie des élèves, de mobilisation, de transformation de l’ambiance de vie, d’amélioration de la relation entre les adultes et les jeunes, l’établissement et son milieu, mais aussi de résultats scolaires. Ailleurs l’application adaptée de la même démarche provoque des effets identiques ou approchants.

Toutefois le contexte de la formation à distance peut paraître différent d’un système géographiquement clos où il est possible d’induire et de conduire des changements mais surtout de les réguler en proximité. Mais il nous apparaît qu’un réseau de formation à distance peut faire appel aux mêmes démarches basées sur l’imaginaire créatif, la coopération, les échanges et dialogues entre membres de communautés virtuelles, la mise en activité autonome de construction de projets, la participation à des projets collectifs, le tout organisé autour de l’élaboration du projet personnel de chacun.

  1. Substituer l’offre de service à l’offre de formation

En 2003 un accord interprofessionnel décide de favoriser l’accès à la formation continue pour tous les travailleurs mais aussi les employeurs sous la forme d’un capital individuel de 20 heures par année. Rapidement une étude du Cereq pose le problème du manque d’« appétence » des salariés moins qualifiés. Elle montre aussi que cette situation semble les satisfaire. Elle note aussi un lien entre la circulation de l’information et l’intérêt pour les formations[20]. Deux ans après, le DIF n’a toujours pas vraiment démarré malgré le renforcement des dispositifs d’information. Il nous apparaît qu’il convient d’abord de sortir de l’idée que la formation professionnelle puisse être motivante en soi et donc sortir de la logique simple de l’offre. Celle-ci pour être pertinente doit apparaître utile[21] dans un projet personnel de développement, s’élaborer en fonction du besoin. Mais il est encore mieux qu’elle s’inscrive dans un projet global de l’entreprise. L’analyse du Cereq mettait en effet également l’accent sur l’importance des objectifs personnels (motivation) mais aussi du contexte d’entreprise (mobilisation).

  1. Accompagner une démarche orientante

« La démarche orientante consiste à offrir des situations éducatives (formatrices) permettant d’entreprendre et de mener à terme des projets orientés vers la connaissance de soi et l’inclusion dans la société…Elle se traduit sous forme de compétences c’est-à-dire sous un ensemble de capacités, d’habiletés et de connaissances qui doivent être utilisées efficacement dans un contexte réel »[22].

La formation doit s’inscrire à sa place et en son temps

La plupart des personnes, particulièrement les plus fragiles, ont pris l’habitude que l’on décide pour eux. On dit alors couramment « qu’ils n’ont pas d’idée d’orientation », qu’ils « ne sont pas motivés »… L’expérience montre que toujours l’individu a des rêves, des intentions, des projets même[23], mais il craint en les exprimant ou en les opérationnalisant ne pas être conformes à ce que l’on attend de lui dans sa famille, son groupe social, son entreprise. Les individus ayant subis des échecs répétés sont les plus sensibles sur ce sujet. Une démarche de confiance ouverte et créative permet la plupart du temps de lever ce premier obstacle[24]. La prise de conscience de ses propres marges de liberté par rapport à l’influence du milieu scolaire[25], culturel et économique local[26] et la mise à disposition des moyens d’y agir nous paraissent être un second obstacle à lever. Lorsque cette personne se trouve enfin sur son projet plus rien ne semble s’opposer à sa route. L’élève met ses résultats en conformité avec son but, l’employé change de fonction ou même d’entreprise. Sa conduite devient très autonome, son attitude responsable et il n’a aucun problème pour s’intéresser et souvent réussir aux formations qu’il doit intégrer pour atteindre son objectif.

Acquérir les compétences à s’orienter

Bon nombre de parents se reposent sur l’école française pour préparer leur enfant à s’orienter. Malgré les textes de 1996 sur l’éducation à l’orientation l’école apprend peu à s’orienter. Mais, conforme aux modèles des années 1970, elle oriente. L’institution « décide » au vu des éléments apportés par le jeune, sa famille et les enseignants. Un rapport publié en 2005 par l’inspection générale de l’éducation cite quelques paroles d’usagers significatives du genre : « l’orientation est faite sur les résultats scolaires et non sur le projet personnel ou la motivation de l’élève »[27] Un autre rapport publié la même année pour le Premier ministre préconise d’ailleurs pour  l’éducation à l’orientation  que  « celle-ci doit figurer dans l’emploi du temps comme toutes les autres matières »[28] . Plus de la moitié des jeunes de trente ans travaillera dans un secteur très éloigné de celui qu’ils avaient préparé dans leurs études. Il ne faut donc pas penser s’appuyer sur des compétences préalables lorsqu’il s’agit d’orientation adulte.

Et pourtant des recherches-action orientantes comme celle que nous avons menée au Lycée Méditerranée de Montpellier[29] donnent ici des effets positifs certains si l’on en croit l’évaluation réalisée par la professeur Roland Louis[30] : il y a des réussites en terme de réorientation, les stages ont changé les élèves, ils s’impliquent dans la recherche documentaire et des actions telle la journée « porte ouverte ». Et du côté de l’enseignant « j’appréhende les élèves avec un autre regard, je les vois en tant qu’individu avec un projet personnel et non plus seulement comme élève »

Partir de l’expérience

En terme d’accompagnement et de formation il s’agit donc, la plupart du temps, de partir d’une expérience personnelle[31], avec sa charge émotionnelle et un « formatage » intellectuel spécifique où il n’est pas sûr que les compétences d’apprentissage acquises vont faciliter le travail adulte, a fortiori à distance. En effet, sortie de son champ ou de son contexte, une compétence semble se transférer si elle est réutilisée dans un même modèle d’apprentissage[32]. Il apparaît que si « il convient alors de développer la capacité des individus à transformer une série de situations et d’incidents vécus en une histoire et un projet personnel »[33], c’est de l’élaboration d’un projet qu’il s’agit et de la construction de nouvelles compétences. Même lorsqu’il s’agit de travailler sur les réseaux numériques, peu d’anciens élèves ont pour l’instant acquis cette capacité. Quant à celles et ceux qui la possèdent empiriquement, c’est souvent une véritable déconstruction qu’il va falloir mener.

C’est en expérimentant de façon active la démarche orientante[34] dans un environnement d’équipe porteuse (et celle-ci peut être virtuelle) que la personne va apprendre à construire son projet en même temps qu’elle construira les connaissances d’elle-même, des autres et des domaines utiles pour la réalisation de son intention.

Conclusion

La formation nous apparaît comme indissociable de l’orientation en ce sens que l’interaction entre l’acquisition de savoirs et de compétences est intimement liée à travers la notion de projet et influent mutuellement l’une sur l’autre, tant le développement de l’intelligence humaine, adaptation et transformation, se nourrit de ce processus. En toile de fond du « savoir devenir » se situe l’élaboration d’un nécessaire développement de projets et de démarches personnelles adaptées aux techniques actuelles d’acquisition des savoirs issues de la société de l’information.

Montpellier/Toulouse, le 27 avril 2006

AUTEURS

QUIESSE Jean-Marie, président de l’association apprendre et s’orienter, psychologue, conseiller d’orientation, formateur et éditeur.

07 rue d’Alger 34000 MONTPELLIER

www.apprendreetsorienter.org

FERRE Danielle, doctorante en sciences de l’éducation à l’université Paul Valéry de Montpellier, titulaire d’un DESS gestion stratégique des ressources humaines, conseillère d’orientation-psychologue, chargée de mission académique pour l’éducation à l’orientation, formatrice.

Bibliographie :

  • FERRE D., QUIESSE J.-M. (postface A. Rufino) 2006. Lycéens prenez votre orientation en main. Paris. L’Harmattan.
  • Actes du colloque « L’approche orientante, des changements pour l’école et l’entreprise ». 2006. Montpellier. Association apprendre et s’orienter. www.apprendreetsorienter.org
  • FERRE D. (préface D. Pelletier) 2005, Pour une approche orientante de l’école française, Paris, Qui plus est.
  • QUIESSE J.-M., FERRE D. , GAUTRON C., MARXER A. 2003, Le guide de l’orientation scolaire, Paris. Hachette Marabout.
  • FERRE D. QUIESSE J.-M. (préface J. Chapuisat). 2002. Professeurs, l’orientation, c’est aussi votre affaire. Paris. L’Harmattan,
  • QUIESSE JM. FERRE D. 2001. Maîtrisez votre orientation. Phosphore. Bayard Presse
  • FERRE D., GUSTAU G., PENISSON-KLEINHANS R.-E., ROQUIGNY 2000, P. Orientation-Lycée, méthode d’orientation active. Paris. L’Harmattan.
  • Collectif. 1994-1997. 99 réponses sur l’orientation. CRDP de Montpellier.
  • Collectif coord. O Brunel. 2001. 99 questions sur l’éducation à l’orientation. CRDP de Montpellier.

[1] TOURAINE A. 2005. Un nouveau paradigme pour comprendre le monde. La Flèche. Fayard.

[2] RIFKINS J. 2005. L’âge de l’accès. Paris. La Découverte.

[3] GARDNER H.. 1996. Les intelligences multiples. Paris. Retz : sept formes d’intelligence : verbale, logico-mathématique, spatiale, musicale, corporelle et kinesthésique, interpersonnelle, intrapersonnelle

[4] Le mariage des deux engendre la « compétence »

[5]HARVEY P.L. .LEMIRE G. 2001. La nouvelle éducation. Laval ( Québec) PUL-l’Harmattan, p 103

[6] TOURAINE A. 2005. Un nouveau paradigme pour comprendre le monde. Fayard

[7] BOUTINET J.-P. 2006. Approche orientante et vie adulte. Actes du colloque « L’approche orientante, des changements pour l’école et l’entreprise ». Montpellier. www.apprendreetsorienter.org

[8] SANTELLMAN P. 2005. Qualification ou compétences : en finir avec la notion d’emplois non qualifiés. Paris. Liaisons

[9] PELLETIER D. 2006. Actes du colloque « L’approche orientante, des changements pour l’école et l’entreprise ». Montpellier. www.apprendreetsorienter.org

[10] SENNET R.. 2006. La culture du nouveau capitalisme. Paris. Albin Michel

[11] Tout comme la santé, la culture et la qualité de l’environnement

[12] BOUTINET J.-P.2006. Approche orientante et vie adulte. Actes du colloque « L’approche orientante, des changements pour l’école et l’entreprise ». Montpellier. www.apprendreetsorienter.org

[13] BOUTINET J.-P., 2005. Approche orientante et vie adulte, actes du colloque Apprendre et s’orienter

[14] HARVEY P.L.LEMIRE G. 2001. La nouvelle éducation. Laval ( Québec) PUL-l’Harmattan. p101

[15] QUIESSE J.-M.2006. Découvrez repères.qc.ca, l’orientation en ligne du Québec. Montpellier. Onisep Plus. N°84

[16] BANDURA A. 2002. Auto-efficacité, le sentiment d’efficacité personnelle. Paris. De Boeck.

[17] BOUTINET J.-P., 2006. Approche orientante et vie adulte. Actes du colloque « L’approche orientante, des changements pour l’école et l’entreprise ». Montpellier. www.apprendreetsorienter.org

[18] HARVEY PL .LEMIRE G. 2001. La nouvelle éducation. Laval (Québec) PUL-l’Harmattan, Formation en autonomie et l’expérience de l’IUTB de Lyon 1, p 109

[19] 1996 –1999. La Recherche-action a donné naissance à la méthode d’orientation active Orientation-lycée (2000) L’Harmattan .

[20] CEREQ. 2004. Aux origines de l’inégale appétence des salariés pour la formation. Paris. Bref N°209

[21] RUFINO A.   Pédagogie de l’information en orientation. in Cahiers Binet-Simon. N°656/657

[22] FERRE D. 2005 Pour une approche orientante de l’école française. Paris. Qui plus est

[23] QUIESSE J.-M., FERRE D., GAUTRON C. MARXER A., 2003. Le guide de l’orientation scolaire. Paris. Hachette Marabout

[24] MENARD I. 2006. Développer auprès des adultes le goût d’apprendre tout au long de la vie. Actes du colloque « L’approche orientante, des changements pour l’école et l’entreprise ». Montpellier. www.apprendreetsorienter.org

[25] FERRE D., QUIESSE J.-M. 2002. Professeurs, l’orientation c’est aussi votre affaire. Paris. l’Harmattan.

[26] GRELET Y. 2006. Des territoires qui façonnent les parcours scolaires des jeunes. CEREQ. BREF N°228

[27] DENQUIN R. 2005. Ministère de l’éducation , de l’enseignement supérieur et de la recherche. Rapport : Le fonctionnement des services d’information et d’orientation.

[28] THARIN I. 2005. Orientation, réussite scolaire, ensemble relevons le défi. Rapport au Premier ministre.

[29] FERRE D. QUIESSE J.-M. 2002-2003. Recherche action en éducation à l’orientation. LP Méditerranée, académie de Montpellier.

[30] LOUIS R. 1999. L’évaluation des apprentissages en classe. Laval (Québec). Editions études vivantes.

[31] L’expérience québécoise des SARCA, service d’accueil, de référence, de conseil et d’accompagnement nous paraît particulièrement intéressante. Voir par exemple www.cspo.qc.ca/sarca.htm

[32] REY B.1998. Les compétences tranversales. Paris. ESF,

[33] TOURAINE A. 2005. Un nouveau paradigme pour comprendre le monde. Paris. Fayard.

[34] Il existe en ce domaine des publications méthodologiques post scolaires telles « Cursus » www.septembre.com, « Interagir » et « Chemin faisant » www.editionsquiplusest.com

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Sentiment d’efficacité personnelle – évaluer – définir : ressources

Mise à jour le 13 10 2019

  • Damien Canzittu propose de visionner sa thèse « Vers une école réellement orientante » soutenue en 2019.
  • Questions d’orientation (journal des professionnels de l’orientation) publie en septembre 2019 un numéro double consacré au Sentiment d’efficacité personnelle. De la théorie aux outils – Des outils aux pratiques.
  • Cette revue de  l’APsyEN est coordonnée par serge Blanchard. Il y est fortement question de la notion “d’approche orientante”. Articles de : Serge Blanchard- Rowayda Zein – Jean-Marie Quiesse – Jean Claude Sontag – Jean Philippe Gaudron – Araine Blanchard – Zbyslaw Adamus – Martine Bertrand – Maryline Koziel – Emmanuelle Millon – Sylvie Rousseau-Vic

Plus les élèves et les étudiants croient en leur capacité à répondre aux exigences éducatives et à exercer une profession, mieux ils se préparent aux différentes carrières. Et notamment, « Plus l’efficacité perçue à gérer de l’information est grande,  plus le niveau de capacité à choisir, une formation ou une profession, est élevé » (Bandura 2003). Les travaux de Lent démontrent également l’existence d’une relation directe entre le Sentiment d’efficacité personnelle (SEP) et le développement des intérêts (Blanchard 2008). Vous trouverez ici des liens vers des ressources pour évaluer, analyser et enrichir votre recherche.

Adhérer permet une consultation permanente et complète. C’est également un soutien à l’association  et à son action.

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Vers de nouvelles méthodes ? Colloque 2015

Colloque et Assemblée Générale 2015 – Apprendre et s’orienter : vers de nouvelles méthode ?

Enseigner le management par des situations problèmes par Sylvie Cordesse

Autonomie et apprentissage universitaire : Stéphanie Mailles- Viard Metz

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Enseigner le management par des situations problèmes

Enseigner le management

par des situations-problèmes

Sylvie Cordesse Marot

préface de Michel Berry, postface de Jacqueline Costa Lascoux, dessins de Dario Josa


Cet ouvrage propose des outils et des pistes de réflexion issus d’une pratique d’enseignement optimiste. Il s’agit avant tout d’y découvrir, en partant de situations précises et contextualisées, une diversité d’entreprises et leurs problématiques et de mettre à jour des enjeux généraux. Les chapitres proposent des dispositifs analysés de façons très approfondie.
– Comment créer une entreprise ?
– Quelles en sont les finalités et les parties prenantes ?
– Comment diriger les hommes et les fédérer vers un but commun ?
– Comment naissent les cultures d’entreprise ?
– Quels flux financiers permettent d’y développer des projets ?
– Comment organiser la production ?
– Quelle motivation des salariés au travail ?

Dans cette dynamique de découverte et de construction de savoirs, on se confronte aux modèles théoriques utilisés comme outils d’analyse dont on repère les points forts et les limites.
Les situations pédagogiques publiées dans cet ouvrage ont été expérimentées à de nombreuses reprises d’abord avec des lycéens de STMG ou des étudiants de BTS puis avec des adultes, parfois avec des publics de spécialistes ou d’autres fois de néophytes.

Les auteurs
Sylvie Cordesse Marot est professeur agrégée d’économie et gestion, ancienne élève de l’ENS de Cachan. Elle a présidé l’Association des professeurs d’économie et gestion (APEG) de 2009 à 2014. Elle est rédacteur en chef de sa revue Les Cahiers d’économie et gestion depuis 2003. Elle est membre du GFEN. Elle enseigne le management, l’économie et le droit en STS, après de nombreuses années d’exercice en première et terminale technologique (actuellement STMG) au lycée Comte de Foix d’Andorre.

Dario Josa, dessinateur, est professeur d’économie et gestion au lycée Jean Lurçat à Perpignan. Il est l’auteur de plusieurs bandes dessinées. Dessinateur de presse, il collabore également à des sites d’actualité (Rue 89, Médiapart) ainsi qu’à l’illustration de livres.

Enseigner le management par des situations-problème présentation Power Point

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JM Quiesse – Apprendre et s’orienter à l’heure numérique

Il existe un lien entre le développement du numérique et celui de la formation et de l’orientation tout au long de la vie. A chacune des phases de développement de l’orientation, la gestion personnelle de l’information  prend de l’importance et ses supports évoluent. C’est que ces changements deviennent technologiquement possibles. Mais ils sont également nécessaires vis à vis d’un objectif d’expansion et de partage des savoirs, eux mêmes porteurs de projets humains. Si, pour bien s’orienter, une simple consultation était obligatoire dans les années 1930,  bien s’orienter dépend aujourd’hui  de plus en plus d’un bon accès à l’information mais surtout de la maîtrise de son traitement.  C’est principalement sur le Web que les jeunes et leurs familles prennent les renseignements utiles. Dans cette démarche, où  le centre d’appropriation de l’information est, alors, l’internaute lui-même, le vrai centre de décision a tendance à basculer vers la personne qui s’oriente. La compétence à s’informer occupe donc une place centrale.  Par ailleurs, à plusieurs niveaux de la scolarité,  se développent des interfaces d’orientation qui mêlent étroitement en ligne  l’information, la communication et l’élaboration de stratégies de choix personnels, tels « admission post bac ».  On sait qu’il conviendra d’apprendre et de s’orienter tout au long de sa vie mais aussi qu’une partie importante de la formation s’effectuera de plus en plus à travers des réseaux de plates formes dématérialisées. Sans être physiquement présent dans un lieu, la totalité des habitants de la planète peut aujourd’hui accéder à des savoirs  ainsi qu’à des réseaux d’apprentissages. Internet est leur salle de cours. Et c’est aussi sur le Net qu’ils prépareront leur orientation. Compte tenu des environnements numériques et économiques d’aujourd’hui où chacune et chacun tend à devenir le propre agent de sa formation, il n’est pas étonnant que la loi française de novembre 2009 sur l’orientation et la formation professionnelle tout au long de la vie instaure un service d’information dématérialisé, le droit à l’orientation et  à  l’accompagnement.

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L’élève premier agent de son développement par J.M. Quiesse

l’élève premier agent de son développement

La réforme québécoise converge vers une attitude pragmatiste : ce qu’il faut apprendre aux jeunes, c’est être les agents de leur orientation dans une société en recherche de cohérence. Comment intégrer cette commande dans une école traditionnellement marquée par les disciplines scolaires ?

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