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L’orientation dans le monde – Une science ?

Karl JASPERS (1989) est sans doute l’un des tous premiers penseurs européens à avoir eu l’idée d’un traité de métaphysique portant explicitement l’idée de « Sciences de l’orientation dans le monde ». Articulant problématicité et historicité, le philosophe fait de la question de l’orientation dans le monde, le principe de la liberté existentielle confronté aux nécessités de la vie et à la transcendance.

L’acte 1, des « Sciences de l’orientation » engagées dans le processus de mondialisation des années 2015-2035 consisterait à recenser pays par pays, l’état de l’art d’une grande question d’éducation qui concerne l’avenir de la jeunesse, dans les rapports formation-emploi (et vice-versa) mais pas seulement.

Les Editions L’Harmattan (Paris) ont été pionnières dans un travail de prospection de l’orientation dans le monde. Dès 1988, l’ouvrage de Maniez et Pernin, et alii, voyait dans le Conseiller d’orientation, un métier moderne. Par la suite H. Eckert (1993) a réalisé une comparaison Allemagne-France sur l’orientation professionnelle. Vingt ans plus tard, R. Okene (2013) s’est intéressé à l’orientation des jeunes en Afrique. L’histoire s’accélère en ce domaine, puisque P. Wenda T. Tshilumba (2014) publie un guide pratique sur L’orientation scolaire et professionnelle en RD du Congo. P. Bringuier, P, (2015) observe Des jeunes qui se cherchent. Un conseiller d’orientation témoigne. J. Bouda (2016) étudie La fonction du conseiller d’orientation scolaire au Cameroun. G. Gaglio, M. Kaddouri et F. Osty (2017) ont analysé des Trajectoires professionnelles, Trajectoires de vie-entre engagement et réflexivité. Enfin dans la suite du colloque international de Cerisy-la-Salle (08/15), nous venons de publier S’orienter dans un monde en mouvement avec des contributions qui mettent l’accent sur la dynamique internationale de l’orientation à tout âge, tant que du point de vue de l’UNESCO que de pays comme Haïti ou le Québec.

Le travail de D.B. Ngeleka, expert en éducation sur la problématique de l’Afrique centrale, confrontée aux enjeux de la globalisation et du développement durable, que nous venons de postfacer, a pour titre : Orientation et Bonne gouvernance à l’ESU en RD Congo [Editions universitaires européennes].

 Ce chercheur particulièrement attentif à la situation congolaise, se situe dans une perspective de développement des ressources humaines. L’orientation concerne les droits humains, c’est-à-dire la liberté de choix dans les études, l’obtention d’une qualification et la possibilité d’avoir un travail, c’est-à-dire d’occuper une place dans la société en fonction de ses talents et de son mérite.

Dans le prolongement de l’éducation familiale, l’action d’un personnel spécialisé d’orientation scolaire et professionnelle est l’affaire de l’enseignement primaire, secondaire, professionnel, universitaire et de recherche.

Les centres inter institutionnels de bilans de compétences sont des leviers d’action indispensables pour accompagner les évolutions professionnelles dans la carrière (approche carriérologique).

L’auteur ne réduit pas l’orientation au domaine scolaire et professionnelle puisqu’il envisage l’orientation des adultes dans l’entreprise, élargissant les propos à la gestion des ressources humaines tout au long de la vie. Soulignant à juste titre, le processus d’internationalisation de l’orientation, D. B. Ngeleka prend appui sur les politiques publiques pour développer une approche comparative (Argentine, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Danemark, Royaume-Uni, Union Européenne et Etats-Unis) centrée sur les compétences.

Faut-il s’inquiéter d’une « fuite des cerveaux », c’est-à-dire d’un exode des compétences qui priverait certains pays des ressources immatérielles nécessaires à leur développement ? L’auteur conclut son argumentaire par un questionnement sur la « Bonne Gouvernance » prenant en compte en particulier, les droits des femmes et des personnes vulnérables dans un État de droit. On le voit, l’orientation est bien plus qu’une technique, dans la mesure où elle concerne des droits économiques, sociaux et culturels liés à une conception de l’être humain dans son rapport à l’environnement géographique et social. La qualité du conseil en orientation génère une plus-value éducative dont les retombées doivent être positives pour l’individu et la collectivité à laquelle il ou elle appartient.

Tout le monde devrait avoir intérêt à encourager des initiatives en faveur d’une orientation positive et inclusive liée à une culture de paix, d’égalité des sexes et de respect des valeurs africaines centrées sur le développement du potentiel humain.

L’orientation est portée par une exigence spirituelle, comme semble le signifier l’auteur à l’adresse de ses « Enfants et Petits-enfants » et comporte un horizon d’universalité, exprimé dans le propos conclusif de l’ouvrage. C’est la raison pour laquelle nous pensons que s’intéresser à l’orientation des personnes et des groupes humains est une tâche exaltante pour l’avenir de l’humanité.

Francis Danvers février 2018


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