L’impact d’Internet sur nos cerveaux
Le dernier ouvrage de Nicholas Carr, « The shallows : what the Internet is doing to our brain » est un essais sur le virtuel mais il fait déjà couler beaucoup d’encre. La presse et les internautes s’activent autour de ce sujet et il suffit d’aller sur le Monde du 04 octobre ou sur le blog de Louis Naugès pour s’en faire une idée. Internet n’est pas sans répercussions sur la pédagogie. Dans ce nouveau contexte technologique, la tête bien faite n’est plus seulement un vaste palais de la mémoire, elle est plus que jamais, à travers une gestion informationnelle, un instrument d’analyse des environnements et, au fil de l’eau, de prise de décisions. Il est maintenant disponible en français sous le titre « Internet rend-il bête ? »
Quatre scénarios économiques pour la France de demain
La crise économique accentue les inquiétudes sur les Territoires français. Elle impacte les mobilités et les emplois, crée de nouvelles contraintes et entraîne du chômage. Pour les organisateurs du colloque national Gestion Territoriale des Emplois et des Compétences, il convient d’anticiper et d’accompagner les mutations économiques à l’échelon local. De nombreuses expériences françaises ont été présentées à Nîmes. Des propositions se sont faites jour en matière de gouvernance territoriale, « d’alter localisme », de contrat salarial et de formation. Des relocalisations pourraient être envisagées, comme c’est déjà le cas dans le Nord Isère où l’entreprise Hermès crée une mini révolution. Gilles Leblanc , professeur d’économie, a présenté une brillante étude réalisée dans le cadre de la DATAR sur une projection de la structuration des territoires industriels dans 30 ans. Quatre scénarios sont ressortis des travaux. Celui de la construction d’une industrie « verte » très dépendante d’investissements nationaux, celui de » l’effervescence » qui se caractérise par des logiques de projets et une nouvelle structuration des conditions salariales, celui du développement d’une France de « citadelles » où quelques très grosses entreprises structurent la totalité des emplois et gouvernent les territoires, celui d’une « alter industrialisation » qui tendrait à incurver le modèle économique actuel vers des logiques de besoins locaux structurés sous formes coopératives. Chaque modèle crée des enjeux, des images et des résultats différents. Si le second scénario bouscule la notion de « marché du travail », le troisième fait entrer les territoires dans des logiques de concurrence et de compétition tandis que le dernier crée inévitablement des tensions de pouvoir au niveau local. Mais que voulons nous vraiment pour demain ? (Jean-Marie Quiesse – 05 -12- 2011)
Gilles Leblanc est professeur d’économie à l’école nationale supérieure des mines de Paris et chercheur au Cerna. Ses travaux développent 4 scénarios :
Reconstruction idustrielle verte : différenciation locale, territoire d’expérimentation, croissance verte, variété technologique, fragmentations spatiales
Effervescence : logique de projet, multi-employabilité, innovation, formes d’organisation productive, relations de travail, réseaux, capital humain, entrepreneuriat
Citadelles : concentration, restructuration, spécialisation, polarisation, grands groupes globaux, réseaux mondiaux, concurrence territoriale, attractivité
Alter industrialisation : société durable, décroissance, communauté, défiance, partage, protection, réduction des flux, production locale, innovation sociétale
Europe, vers une réforme structurelle ?
La dimension des possibilités d’orientation est en partie liée à l’emploi, donc à l’économie. Le crise actuelle pourrait remettre en cause l’espace européen et les mobilités. Pour Luc Simula, invité de l’association MEF, à la crise financière mondiale s’ajoutent des problèmes structurels européens. Si les états qui composent l’Europe mènent en toute légitimité leurs politiques internes et décident de leur budget, encore faudrait-il qu’ils n’entrent pas en contradiction avec les décisions communes. En effet, les décisions individuelles annihilent trop souvent la force du collectif. Se coordonner après l’action pour dégager de bonnes pratiques n’est plus un comportement possible lorsqu’il s’agit d’agir ensemble et rapidement. La pratique actuelle engendre des impacts différenciés de la crise qui remet en cause l’égalité entre les états. Dans le même ordre d’idées, L. Simula pointe l’absence de politique monétaire commune active. Ainsi la constitution du Fonds Européen de stabilité financière (FESF) est une bonne idée mais son contenu est trop faible, notamment en termes de budget européen commun. Il propose une vraie gouvernance démocratique dans une logique fédérale, reposant sur de vrais budgets assortis de réelles ressources fiscales européennes, des objectifs forts mais hiérarchisés, et surtout un contrôle a priori du budget des états. Il en va, selon lui, de l’avenir de l’Europe face au défi mondial où le territoire économique dépasse les frontières nationales et même européennes.(JM Quiesse – 05/12/2011)
Luc Simula est professeur d’économie en classe préparatoire, auteur de plusieurs ouvrages
Gérer et développer les emplois et les compétences sur les territoires
Colloque national 2011 gestion territoriale des compétences
Sol et territoires : 20 ans d’études et de recherches sur le rôle de l’homme acteur des territoires et gestionnaire du vivant.
Programme LEED (OCDE) : développement économique et création d’emplois à l’échelon local.
Guide pour la gestion territoriale des emplois et des compétences
Gérer l’emploi et les compétences sur les territoires
Colloque national 2011 gestion territoriale des compétences
Sol et territoires : 20 ans d’études et de recherches sur le rôle de l’homme acteur des territoires et gestionnaire du vivant.
Programme LEED (OCDE) : développement économique et création d’emplois à l’échelon local.
Guide pour la gestion territoriale des emplois et des compétences
Orientation-économie et emploi
Même si l’école forme avant tout des citoyens à exercer leur pouvoir démocratique, le contexte de l’emploi dans le cadre des évolutions des activités économiques en induit fortement les objectifs. En effet, pour penser librement il faut aussi être économiquement autonome. Ainsi les politiques d’industrialisation massives ont irrigué les orientations des années 1970. Au delà des crises à répétition, des axes forts se dessinent en termes de devenir. Accompagnés par les politiques adéquates elles prennent corps au niveau social et médiatique.Il convient alors de se les approprier pour y construire sa carrière. La veille économique est un des moyens humains de tenter d’apercevoir un peu de futur dans le présent pour piloter sa propre trajectoire. Nous indiquons ici quelques accès à des ressources qui nous paraissent essentielles. Continuer la lecture
JM Quiesse – Apprendre et s’orienter à l’heure numérique
Il existe un lien entre le développement du numérique et celui de la formation et de l’orientation tout au long de la vie. A chacune des phases de développement de l’orientation, la gestion personnelle de l’information prend de l’importance et ses supports évoluent. C’est que ces changements deviennent technologiquement possibles. Mais ils sont également nécessaires vis à vis d’un objectif d’expansion et de partage des savoirs, eux mêmes porteurs de projets humains. Si, pour bien s’orienter, une simple consultation était obligatoire dans les années 1930, bien s’orienter dépend aujourd’hui de plus en plus d’un bon accès à l’information mais surtout de la maîtrise de son traitement. C’est principalement sur le Web que les jeunes et leurs familles prennent les renseignements utiles. Dans cette démarche, où le centre d’appropriation de l’information est, alors, l’internaute lui-même, le vrai centre de décision a tendance à basculer vers la personne qui s’oriente. La compétence à s’informer occupe donc une place centrale. Par ailleurs, à plusieurs niveaux de la scolarité, se développent des interfaces d’orientation qui mêlent étroitement en ligne l’information, la communication et l’élaboration de stratégies de choix personnels, tels « admission post bac ». On sait qu’il conviendra d’apprendre et de s’orienter tout au long de sa vie mais aussi qu’une partie importante de la formation s’effectuera de plus en plus à travers des réseaux de plates formes dématérialisées. Sans être physiquement présent dans un lieu, la totalité des habitants de la planète peut aujourd’hui accéder à des savoirs ainsi qu’à des réseaux d’apprentissages. Internet est leur salle de cours. Et c’est aussi sur le Net qu’ils prépareront leur orientation. Compte tenu des environnements numériques et économiques d’aujourd’hui où chacune et chacun tend à devenir le propre agent de sa formation, il n’est pas étonnant que la loi française de novembre 2009 sur l’orientation et la formation professionnelle tout au long de la vie instaure un service d’information dématérialisé, le droit à l’orientation et à l’accompagnement.
De l’orientation directive à l’accompagnement
Even LOARER, professeur titulaire de la chaire de Psychologie de l’orientation est, au CNAM, directeur de l’Institut National du Travail et d’Orientation (Inetop). Dans sa Leçon inaugurale donnée en février 2010 en présence de Bertrand Schwartz et du Recteur Christian Forestier, administrateur général du Cnam, il a analysé l’évolution des problématiques d’orientation scolaires et professionnelles. Celles-ci, selon lui, constituent aujourd’hui, plus que jamais, un enjeu sociétal, économique et humain majeur. D’un processus essentiellement ponctuel et concernant les jeunes, l’orientation est devenue un processus continu à l’échelle de toute la vie qui appelle de nouvelles pratiques et de nouveaux dispositifs. Il a distingué trois grandes périodes de développement (orientation directive, délégatrice, participative) et mis l’accent sur une quatrième, contemporaine et encore mal définie, celle de l’accompagnement. Celle-ci doit, pour lui, dépasser le simple bilan de compétence et conduire à l’activation d’une démarche de mobilité intégrant les perspectives d’orientation et la définition des étapes à parcourir pour acquérir des compétences complémentaires. Dans ce cadre, la mise en place d’un nouveau Service public d’orientation ne pourra faire l’économie d’une sérieuse formation de ses intervenants.
Assistez à la leçon de Even LOARER
Jean-Marie Quiesse, décembre 2010
L’ORIENTATION en France : UN CHANTIER À L’ARRÊT
Dans le cadre de la loi des finances 2011, le Sénat a déposé un avis sur l’enseignement. Les propos autour de l’orientation méritent que l’on s’y arrête tant ils pointent que la dynamique qui avait conduit au vote de la loi de novembre 2009 est stoppée. Au fil du récit on relève que la rénovation de la voie professionnelle n’a pas pour l’instant infléchi significativement les phénomènes de reproduction des inégalités sociales. L’orientation à l’issue du collège connaît toujours de grandes disparités selon le milieu d’origine de l’enfant. La logique de tri social reste malheureusement prépondérante. En ce qui concerne le dispositif de préparation, on note que les conditions d’une authentique découverte des métiers et des formations pour tous les jeunes, sans préorientation et sans préjugé, ne sont pas réunies. Même si l’idée qui préside à la construction du PDMF est séduisante et ne mérite pas d’être purement et simplement abandonnée, son contenu laisse à désirer, notamment les stages d’observation en classe de 3e. L’hétérogénéité des différentes étapes, leur traitement très disparate selon les établissements, le manque d’évaluation réduisent l’impact du dispositif sur les décisions d’orientation
On regrette aussi le délai qui a couru entre la promulgation de la loi et la nomination du DIO, autant de temps perdu alors que l’orientation demeure un point noir du système éducatif. On s’inquiète également de la faiblesse des moyens humains et financiers qui lui sont alloués, cinq millions d’euros devant même être prélevés sur le fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) pour financer le service dématérialisé.
On déplore enfin, qu’en règle générale, l’orientation soit conçue d’abord comme un moyen d’accélérer l’insertion professionnelle des élèves les plus fragiles à la sortie du collège, alors même qu’elle doit être un instrument de construction d’un parcours individuel qui permette l’épanouissement personnel de l’élève. Si l’orientation doit tenir compte des réalités économiques et de la situation du marché de l’emploi, elle doit également être utilisée pour ouvrir l’horizon des jeunes au-delà du cercle familial, pour lutter contre le pessimisme social dans les milieux populaires et contre la reproduction des inégalités. Les attaques que subissent les conseillers d’orientation-psychologues témoignent d’une conception étroite et strictement utilitariste de l’orientation.
